Les îles Perhentian

Après 3 vols et 2 escales (Miri et Kuala Lumpur), et une nouvelle course haletante dans les couloirs de l’aéroport pour attraper notre dernière correspondance, nous arrivons à Kota Bahru, à une heure de route de la frontière thaïlandaise. Une heure de route en taxi nous permet de gagner Kuala Besut où nous embarquons sur un « speedboat » pour une traversée chaotique vers les îles Perhentian.
Nous nous installons à la pointe sud est de Perhentian Besar (la grande) dans un « resort » à l’écart de l’agitation de Perhentian Kecil (la petite), qui a le bon goût d’être également un centre de plongée et accessoirement d’accueillir un programme de protection des tortues marines.
Le bleu éclatant des eaux côtières ressort sous le soleil qui accompagne notre arrivée. Cette impression d’évoluer dans une carte postale est une incitation à la baignade, occasion d’observer nos premiers poissons colorés.


Le dîner à peine avalé, on vient frapper à notre porte pour nous inviter à assister à la mise à la mer de 91 bébés tortues tout juste sortis de leur coquille…A la lueur rouge de nos frontales (la lumière blanche peut les désorienter), nous observons ces nouveaux nés, se bousculant comme au départ d’un marathon, dévaler les quelques mètres de sable qui les séparent de l’eau salée et frôler nos pieds immobiles avant de plonger vers l’inconnu…une sur mille atteindra l’âge adulte !
Malgré un ciel souvent nuageux, nous profitons de ce havre de paix pour nous prélasser sur la plage, jouer au ballon, pratiquer le snorkeling et effectuer notre baptême de plongée en bouteilles.

 

Parc du Gunung Mulu

Le vol qui nous amène au parc national de Gunung Mulu, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, devait être direct depuis Kuching. Le mauvais temps en décide autrement et nous faisons escale à Miri pour attendre l’accalmie.


Le parc est situé au milieu des terres, à l’est du Sarawak, et abrite une jungle préservée mais de plus en plus cernée par la déforestation pratiquée pour laisser place à de plus rentables plantations de palmiers. Au-delà de la végétation, Mulu est réputé pour ses grottes et les formations rocheuses dénommées « Pinnacles ». Ces dernières ne sont accessibles qu’à l’issue d’un long et difficile trek interdit aux plus jeunes : nous faisons donc l’impasse. Nous visiterons en revanche 4 des grottes du parc : Wind, Clearwater, Deer et Lang Caves. Très différentes les unes des autres, la « star » demeure Deer Cave qui offre chaque soir un spectacle grandiose : pas moins de trois millions de chauves-souris en sortent pour aller chasser et forment alors de sombres serpentins ondulant dans un ciel crépusculaire.


Le parc est en partie situé sur le territoire d’une ethnie de chasseurs cueilleurs : les Penan. Ceux-ci sont désormais en grande partie sédentarisés suite aux efforts des autorités pour les fixer dans des villages. Nous partons passer la nuit dans l’un d’entre eux, accueillis chez le chef du village dans une Long house (33 portes), maison commune traditionnelle chez les peuples indigènes de Bornéo. Connus pour leur timidité et leur caractère taiseux, nous parvenons néanmoins à échanger avec certains d’entre eux sur leur vie actuelle et celle de leurs aînés. Le frère du chef du village et sa jeune épouse nous guideront pour une escapade dans la jungle, dont une nuit sous un abri de fortune, durant laquelle nous découvrirons certaines plantes médicinales utilisées naguère par les Penan (les jeunes perdent peu à peu cette connaissance), l’art du tir à la sarbacane, la pêche, la baignade dans la rivière et nous pourrons apprécier, le soir venu, la symphonie entêtante interprétée par la faune locale…


Après une nuit peu réparatrice mais sans incident notable, nous reprenons le chemin du village puis poussons jusqu’à une très jolie petite chute d’eau où une piscine naturelle nous offre un bain rafraîchissant.


Mulu village est atteint en une petite demi-heure de pirogue, un vol nous amène ensuite à Khota Bahru, via Miri et KL, port d’embarquement pour les îles Perhentian.

 

Kuching (Bornéo)

Bien que de taille respectable (500000 habitants), l’ambiance de Kuching (Etat du Sarawak) n’est en rien comparable à celle de KL. Le taux d’humidité a fait un bond, la densité de la circulation est drastiquement réduite (à tel point que je m’aventurerai à louer une voiture l’espace d’une journée) et les boutiques du très tranquille centre ville abaissent leur rideau sur le coup de 18 heures. Bien que nous soyons loin de la terre des chasseurs de tête que l’imaginaire associe à l’île de Bornéo, la ville est plutôt agréable et nous déambulons dans le quartier chinois jusqu’à Jalan market avant de revenir par le waterfront.


Nous consacrons deux journées à la visite du petit parc national de Bako que nous ne pouvons atteindre que par bateau.

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Cette presqu’île de forêt préservée abrite une faune riche et propose de très belles côtes rocheuses. A peine arrivés, nous suivons la piste de Pandan Kecil sous une chaleur harassante pour atteindre une très belle plage où la présence de crocodiles empêche cependant de s’adonner à la baignade.

IMG_6807C’est en revenant vers la zone habitée du parc que nous apercevons une bande le langurs à longue queue puis, la vedette des lieux, le singe nasique (sosie de Rastapopoulos pour les tintinophiles).

IMG_6771IMG_6819 Nous terminons la journée par une marche de nuit qui nous permet notamment de rencontrer un lémurien « volant » accroché à un tronc.
La journée du lendemain s’ouvre par une forte pluie tropicale qui nous cloue à la cafétéria pendant deux bonnes heures. Une accalmie nous autorise à entreprendre deux courtes marches (Telok Delima, Telok Sapi) avant de retourner à Kuching.


Le marché alimentaire du week-end n’est sans doute plus ce qu’il a été (il s’est déplacé dans un marché couvert flambant neuf depuis quelques années), de plus nous y parvenons trop tard, l’ambiance est finissante…

IMG_6845Le musée Sarawak est en revanche très intéressant pour s’informer sur l’histoire et la société du Sarawak bien que nous n’ayons pas anticipé qu’il fermait ses portes dès 16 heures en ce dimanche…et qu’il était en partie fermé pour rénovation !

Ces contrariétés inhérentes au voyage ne nous empêcheront pas de tenter notre chance pour le dîner au Food festival où des stands de spécialités culinaires asiatiques se bousculent, coincés entre une fête foraine et une foire commerciale animés par des camelots vantant les mérites de leur appareils ménagers ou les bienfaits pour la santé des ventouses (démonstration à l’appui). Nous en repartons repus mais sans électroménager ni remède miracle, fut-il exotique.
L’acclimatation à Bornéo étant faite, nous nous enhardissons à louer une voiture pour une virée aux alentours de Kuching dans le but de visiter la grotte Fairy Cave puis le Centre de Réhabilitation de la Faune à Semenggoh, lieu de rencontre des orangs outans (hommes de la forêt). La chance est avec nous : nous verrons 8 individus dont deux beaux mâles et un tout jeune solidement accroché à sa mère.

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La dernière journée de cette première étape à Bornéo est consacrée au Sarawak Cultural Village qui donne la possibilité de découvrir les habitats traditionnels des différents groupes ethniques du Sarawak (dayaks, Orang Ulu, chinois, malais…) ainsi qu’un spectacle de danse.

 

Prochaine étape : le parc du Gunung Mulu.

Kuala Lumpur

Après un court séjour sur la liste d’attente du vol Paris-Zurich, une course effrénée dans les couloirs de l’aéroport suisse pour attraper in extremis notre avion pour Singapour puis un dernier trajet sans encombres vers Kuala Lumpur (KL pour les initiés), nous voici arrivés à destination de notre périple de 4 semaines en Malaisie.
Un chauffeur de taxi au verbe et au sourire rares, pour ne pas dire inexistants, nous mène avec difficulté jusqu’à notre petit deux pièces réservé au 27è étage, à deux pas du KLCC et des tours Pétronas (l’équivalent de la tour Eiffel pour KL).

C’est à pied que nous débutons l’exploration de la ville, lestés par la chaleur et le décalage horaire, en traversant la « Bukit Nanas Forest reserve” avant de parvenir à Chinatown.

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Le patron nous félicite pour “notre” titre de champions du monde avant de nous appliquer le tarif touriste pour un repas qui ne restera pas dans les annales!

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Découverte de la place de l’indépendance (Merdeka square) avant de nous rendre au temple taoïste de Sin Sze Si Ya où nous échangeons avec un couple de taïwanais.

IMG_6665Respectueux des équilibres communautaires, nous assistons à la “toilette” de Shiva (sauf erreur de notre part) dans le temple hindou de Sri Mahamariamman.

IMG_6671La mosquée visée par notre parcours œcuménique se révèle fermée aux non musulmans à l’heure où nous arrivons.

IMG_6651Ce ne sera que partie remise et nous testons le métro de KL (MRT), qui se révèle pratique, économique et réfrigéré, pour rejoindre notre villégiature. Nous déambulons quelques instants dans un immense centre commercial (KLCC) fort peu exotique avant de déboucher au pied des Tours Petronas, constructions emblématiques de la capitale malaisienne.

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Nous poursuivons notre visite par le quartier malais de Kampung Baru où les maisons traditionnelles en bois se voient de plus en plus cernées par de conquérants buildings qui semblent leur signifier leur fin prochaine de toute leur hauteur.


La mosquée du quartier, où nous pénétrons quelques instants, est probablement vouée à un sort plus durable. Nous ne retrouvons pas dans le temple sikh l’ambiance magique du Temple d’or d’Amritsar, néanmoins il semble être un point de ralliement de la communauté indienne, y compris des non sikhs, des repas gratuits y sont d’ailleurs proposés chaque jour. Un malaisien d’origine indienne, et fervent chrétien, se désole de la perte de la foi en occident et m’invite à retrouver le chemin du Christ…ironie de l’histoire : quelques décennies plus tard, les européens en déshérence spirituelle se retrouvent dans la situation des peuples indigènes auxquels ils apportaient alors la « vraie foi » !
Nous traversons le marché Chow kit, à l’activité déclinante en ce début d’après-midi, avant de rejoindre le métro pour gagner les Lake gardens et terminer la journée en visitant le KL Bird Park (sans oublier un dernier bain dans la piscine perchée au sommet de notre immeuble d’où nous admirons les lumières de la ville).

Deux jours ne suffisent pas à visiter cette ville aux multiples facettes mais permet seulement d’en avoir un avant goût. Nous nous envolerons ensuite vers Kuching, sur l’île de Bornéo.

Nouvelle Zélande : de Queenstown à Christchurch

Queenstown est une petite ville entourée de superbes montagnes et nichée sur les bords du lac Wakatipu, aux eaux d’une pureté absolue. En route vers les fjords, nous n’avions fait que la frôler. Cette fois nous nous installons en son centre et commençons par aller admirer le site depuis les hauteurs en empruntant une télécabine (Skyline Gondola). La vue sur le lac et son environnement est saisissante. Les sensations s’enchaînent puisque toute la famille se lance dans une descente « infernale » à bord de luges à roulettes (Skyline Luge). Les enfants sont aux anges et en redemandent mais nous nous contenterons de deux tours.

Après une pause de 24 heures passée sous la pluie, mais que nous nous octroyons dans un camping confortable, c’est à nouveau une journée inoubliable qui nous est offerte. Le ciel redevenu bleu, les montagnes parées de couleurs automnales, les eaux limpides d’un lac nordique : j’ai le sentiment de plonger dans l’une des images parfaites du calendrier des postes de mon enfance (il ne manque plus que les petits chatons dans un panier en osier). Nous passons deux bonnes heures à déambuler sur les rives du lac Wakatipu, poussons jusqu’aux jardins de Queenstown et un club de tennis installé au milieu d’un paysage de rêve, à nous remplir les yeux de la beauté des lieux magnifiée par cette sublime lumière australe.

En Nouvelle Zélande, quitter un lieu enchanteur ne saurait être un déchirement pour le voyageur, confiant qu’il est dans le fait d’en découvrir d’autres tout aussi séduisants voire plus, quelques kilomètres plus loin…C’est précisément ce que nous ressentons en laissant Queenstown derrière nous pour nous diriger vers le lac Pukaki en passant par Cromwell, Omarama et Twizel. Nous sommes au cœur de l’île du sud, dans la province d’Otago, en route vers les plus hautes montagnes du pays. Nous garons notre maison roulante au bord du lac dans un cadre, là encore, splendide mais plus austère qu’à Queenstown. L’intense couleur bleu turquoise du lac et les pics enneigés qui le bordent au nord créent une ambiance beaucoup plus minérale.

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Nous y passons une nuit fraîche, observons effarés de jeunes inconscients plonger dans les eaux cristallines au petit matin puis prenons la route pour longer la rive ouest du lac jusqu’au pied du Mont Cook (3723 mètres), point culminant du pays. Les différents points de vue sur le lac puis les paysages de montagne avant d’arriver au camping DOC de White horse hill prolongent notre ébahissement. A peine installés, nous voilà partis sur la « Kea Point track », petite randonnée d’une heure permettant d’admirer le lac Mueller et le Mont Cook.

Après ce petit échauffement, nous nous attaquons le lendemain à la Hooker Valley Track (3h aller retour) sous un soleil toujours bien présent. L’objectif est de rejoindre le lac du glacier Hooker surplombé par les hauts sommets, en franchissant 3 ponts suspendus et en évoluant au milieu d’une superbe végétation endémique. Un souvenir inoubliable de plus à mettre au bilan de ce tour du monde…

La journée n’est pourtant pas finie puisque nous reprenons la route jusqu’au lac Tekapo – le site est beau mais pas au niveau des deux précédents – avant de nous arrêter pour la nuit à Fairlie.

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Nous quittons les paysages de haute montagne pour retrouver les inégalables « collines à moutons »qui font le charme de ce pays, où nous apercevons également de nombreux élevages de cerfs et biches, en suivant l’Inland scenic drive via Geraldine, Oxford, Rakaia gorge, Rangiroa et Cheviot.

Notre destination est la petite ville côtière de Kaikoura d’où nous embarquons dès le lendemain matin pour une courte croisière à la recherche de cachalots. Les jeunes mâles séjournent ici à l’année, avant d’être prêts à affronter le grand large, ce qui les rend assez faciles à observer. Après avoir admiré les ailerons de deux orques épaulards de suffisamment prêts pour que nous entendions leur souffle, nous dénichons finalement un jeune cachalot qui a l’amabilité d’exhiber son dos et sa queue alors qu’il entame une longue plongée.

Nous prolongeons cette belle matinée par une balade côtière sur la péninsule de Kaikoura sous un soleil inébranlable. Nous apercevons quelques otaries et oiseaux marins depuis le parking du « Peninsula walkway » et, une fois hissés au sommet de la falaise, profitons du superbe panorama marin sur plusieurs kilomètres de sentier. Nous n’atteindrons finalement pas l’objectif initial de la randonnée, trop attirés par une colonie d’otaries qui se prélasse en contrebas sur les rochers chauffés au soleil. Nous hésitons à peine avant de plonger dans la pente, raide mais praticable, pour rejoindre la plage et observer à distance raisonnable les pinnipèdes récupérer de leur course en mer…

Nous faisons halte pour la nuit au nord de Kaikoura sur le bord de mer à Mangamaunu (Meat Works), site dégoté sur Camper mate, où nous allumons le (modeste) feu de camp tant réclamé par les enfants !

Nous entamons la journée suivante par une visite à un véritable jardin d’enfants pour bébés otaries (Ohau stream walkway and waterfall). Ceux-ci échappent à la surveillance de leurs parents pour remonter un petit cours d’eau et arriver à une cascade agrémentée d’un bassin où plusieurs dizaines d’entre eux folâtrent dans un univers où, comme dans certains contes, tout semble n’être que jeux et insouciance. Ces jeunes otaries peuvent y rester plusieurs jours avant que leur estomac ne les rappelle à la réalité et qu’elles redescendent téter à la colonie. Nous nous arrachons à ce spectacle extraordinaire pour un arrêt déjeuner à South Bay (péninsule de Kaikoura) où nous regardons passer un groupe de dauphins au loin dans la baie. Notre route nous fait à nouveau rentrer dans les terres pour gagner Amberley via Culverden en traversant quelques cartes postales champêtres…

Il est temps désormais d’aborder la dernière étape de ce périple néo-zélandais : la péninsule de Banks, située à 80 km à l’est de Christchurch et formée à la suite d’éruptions volcaniques il y a quelques millions d’années. Nous l’abordons par la Summit road qui, comme son nom l’indique, offre des vues panoramiques extraordinaires sur Akaroa, charmante petite bourgade blottie au fond d’un ancien cratère occupé en partie par une baie et dont les gigantesques parois érodées culminent tout de même à plus de 800 mètres. Akaroa, où nous passons la nuit tout près du port, a la particularité d’avoir été le lieu d’implantation de colons français en 1840. Elle garde des traces de ce passé – les enseignes en français abondent dans les rues – et le met en valeur pour attirer les touristes.

Nous effectuons le lendemain une randonnée inoubliable sur les hauteurs de la péninsule (Round the Mountain Walk, environ 4h30). Outre les paysages somptueux, nous croisons quelques moutons, des oies sauvages et surtout un petit oiseau qui nous accompagne de longues minutes en voletant autour de nous comme s’il voulait nous guider dans son domaine, nous avertir de quelque danger ou tout simplement faire notre connaissance : un instant de pure féerie…

Nous passons notre dernière nuit en camping car au nord de la baie d’Akaroa, à Duvauchelle, puis consacrons la matinée à nettoyer notre intérieur et à refaire nos bagages, le retour du véhicule étant prévu à 15h. Après une nuit dans un motel en périphérie de Christchurch, nous embarquons pour un vol vers Auckland d’où nous quittons la Nouvelle-Zélande pour la Polynésie française que nous atteindrons…la veille !

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Itinéraire :

Nouvelle-Zélande : île du sud de Picton à Queenstown

Nous abordons l’île du sud par les Marlborough Sounds où terre et mer s’entremêlent pour créer un labyrinthe maritime au fond duquel se blottit le modeste port de Picton. Cette partie du pays est réputée pour son climat ensoleillé, nous en bénéficions quelques heures le temps de nous installer au bord de la très tranquille Momorangi Bay. Le lendemain matin, le couvercle de nuages s’est refermé sur les collines escarpées qui nous entourent, la brume venant même lécher la surface de l’eau. Nous en profitons pour décréter une « journée pause », revendication récurrente des enfants, et regarder passer une course cycliste entre les gouttes.

Nous poursuivons l’exploration de la côte nord de l’île en empruntant Queen Charlotte drive (via Havelock), bifurquons en direction de la French Pass mais nous arrêtons à Okiwi Bay avant de rebrousser chemin, de traverser Nelson et de rejoindre Port Motueka pour la nuit.

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Après un lever de soleil sublime sur la baie de Tasman, nous entreprenons une « expédition » dans le parc national Abel Tasman (« découvreur » hollandais de la Nouvelle Zélande en 1642). Arrivés au point de rendez-vous avec une heure d’avance (nous ignorions le passage à l’heure d’hiver), nous grimpons dans un bus pour rejoindre Kaiteriteri en traversant de nombreux vergers. Nous longeons la côte vers le nord à bord d’un bateau qui nous dépose sur la très belle plage d’Anchorage Bay. Débute alors une randonnée de plus de 12 km qui nous permet d’apprécier à un rythme piéton la beauté de cette côte.

Après une nuit à Takaka, nous rejoignons l’extrémité nord de l’île du sud en longeant Golden Bay jusqu’à Wharariki beach. La beauté des lieux nous fait rapidement oublier le ciel maussade. Après avoir traversé quelques pâturages, nous aboutissons sur une plage exceptionnelle : d’énormes rochers calcaires sculptés comme des œuvres d’art moderne gisent, éparpillés sur le sable que la marée descendante a transformé en miroir géant. D’élégantes dunes de sable jonchées de grandes herbes folles et de petits bosquets d’arbres endémiques font office de frontière entre les prés et la plage où s’ébrouent quelques bébés otaries dans des flaques-pataugeoires laissées là par la mer…Nous nous régalons du spectacle dans ce cadre inoubliable puis quittons à regret les lieux pour retourner vers Port Motueka.

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Afin de gagner la côte ouest, nous empruntons une oblique passant par l’intérieur des terres (via Tapawera, Murchison, Punakaiki) qui nous offre à nouveau des paysages exceptionnels (je sais, je me répète !!) sous un soleil retrouvé. Nous nous arrêtons aux Pancake rocks (à Punakaiki), crêpes calcaires empilées face à la mer et agrémentées de trous souffleurs (blowholes). L’étape au Top Holiday park de Greymouth nous propose un spectacle enchanteur au réveil : un flux de nuages cotonneux rampe sur le relief en s’écoulant horizontalement depuis l’intérieur des terres pour venir s’épandre sur la côte sous un ciel azur immaculé.

Nous continuons à suivre la côte ouest et nous approchons des montagnes (Mount Cook National Park) pour aller à la rencontre de deux glaciers parmi les plus accessibles au monde (dénommés Franz Joseph et Fox) qui alimentent des rivières aux flots bleu curaçao. Nous irons contempler la langue de glace du premier venir échouer à quelques centaines de mètres de nous mais resterons plus à distance du second.

Après une nuit au bord du lac Paringa, nous bifurquons au niveau de Haast vers l’intérieur des terres pour rejoindre Wanaka en longeant le lac du même nom ainsi que son alter ego le lac Hawea. Le ciel couvert amoindrit quelque peu le caractère grandiose du paysage que nous apprécions néanmoins. La petite ville de Wanaka, outre la nature somptueuse qui l’entoure, a le bonheur d’accueillir une attraction particulièrement adaptée aux familles : puzzling world !

Nous commençons par nous « perdre » dans un labyrinthe infernal dont nous nous extrayons après deux bonnes heures à nous heurter à des palissades de bois qui se ressemblent toutes ! Nous nous plongeons ensuite dans une série d’illusions d’optique : l’intérieur d’une maison penchée, un banc suspendu, une pièce qui transforme ceux qui y pénètrent en géants ou en nains…

Le soleil revenu, les couleurs d’automne explosent dans une nature qui touchera au sublime tout au long de notre périple de Wanaka au Henry Creek campground, via Cardrona, Queenstown, le lac Wakatipu et Te Anau. Les prévisions météo étant pessimistes à quelques jours, nous décidons d’effectuer cette longue route avant l’arrivée du mauvais temps pour bénéficier d’une fenêtre à peu près favorable pour visiter le Milford Sound, perle du Fjordland National Park (petite Norvège à la sauce néo zélandaise). C’est donc l’esprit plein d’images exceptionnelles que nous garons notre maison roulante au bord du lac Te Anau, à 90 km de notre objectif. Le lendemain, nous ponctuons la route vers le fjord par des arrêts aux Mirror Lakes pour vérifier leurs propriétés réfléchissantes (test réussi) ainsi qu’au Chasm walk qui permet d’accéder à une rivière sculpteure de rochers par la simple force de ses eaux tourbillonnantes au fil des siècles…

Nous arrivons enfin à Milford Sound et embarquons pour une croisière de 2 heures entre les parois rocheuses abruptes d’où dévalent d’innombrables et puissantes chutes d’eau. Notre bateau parvient en vue de la pleine mer alors que le soleil finit par percer les nuages pour réchauffer une otarie blessée en convalescence sur un rocher posé à l’embouchure du fjord.

C’est à la nuit tombante que nous parvenons au Cascade Creek campground où nous passons la nuit avant de retourner sur Queenstown…

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Exposition

Pour ceux que cela peut intéresser, une exposition est organisée par la bibliothèque de notre village (Levainville, Eure et Loir) du 3 au 8 octobre, avec pour thème « A la découverte des écoles du monde ». Nous avons été invités à cette occasion à venir présenter notre « carnet de voyage »le samedi 8 octobre à 16h.

Le programme est le suivant :

Partenariat entre les bibliothèques de Levainville et de Fontaine-la-Guyon

Exposition photos sur les écoles du monde de l’association Partage ainsi que le périple de Célia et d’Aurélien Bonino juste rentrés d’une année à parcourir le monde.

  • Ouverture au public : du lundi au samedi de 14h à 18h

  • Accueil de classes pour une visite pédagogique de l’expo, jeux divers (puzzle, jeu lumineux, carte découverte du monde) et projection de séquences du film : Sur les chemins de l’école.

  • Mercredi 05 octobre : Ateliers de fabrication de colliers polynésiens et africains en papier.

– A 14h pour les jeunes à partir du CE1

– A 16h30 pour les 3/7 ans.

Inscription obligatoire.

  • Samedi 08 octobre à 16h : Carnet de voyage des quatre Bonino autour du monde… Souvenirs de leur fabuleuse aventure suivis du verre de l’amitié.

Renseignements :

Tél. : 02 37 31 41 76

Email : bibliothequelevainville@orange.fr

Nouvelle-Zélande : île du nord

Le bout du monde, ça y est nous y sommes !! Un pays que je rêvais de découvrir sans vraiment croire que je trouverai l’occasion de m’y rendre un jour. Ce tour du monde m’offre cette chance et c’est un peu incrédule que je touche cette terre qui était à mes yeux avant tout celle des invincibles (ou presque) All Blacks. Je garde toujours en mémoire les images des test matches entre la Nouvelle Zélande et la France diffusées en direct à la télévision à des heures indues (très tôt le matin un jour de week-end), que je regardais les yeux encore gonflés de sommeil. La lumière de l’hémisphère sud me fascinait déjà et, sans savoir à quoi elles ressemblaient, je connaissais le nom de beaucoup de villes au travers de leur stade : l’Athletic Park de Wellington, le Lancaster Park de Christchurch, l’Eden Park d’Auckland,…

C’est justement à Auckland, la plus grande ville du pays, que nous atterrissons. Nous ne visiterons ni le stade de rugby ni la ville, nous préférons nous concentrer sur la campagne néo zélandaise. Et la campagne néo zélandaise, c’est quelque chose !!!

Nous savions que c’était beau, les témoignages quasi unanimes des voyageurs qui nous avaient précédés ne pouvaient laisser le moindre doute, mais à ce point…Il arrive un moment où les mots viennent à faire défaut pour décrire l’ébahissement qui vous saisit devant la perfection d’un panorama. Sur 360 degrés, quelle que soit la direction vers laquelle vous vous tournez, tout est splendide ! Si l’on devait écrire un guide des coins moches de Nouvelle Zélande (idée saugrenue, j’en conviens!), gageons que l’ouvrage ne devrait pas dépasser les 10 pages !

Nous multiplierons ainsi les arrêts au bord de la route tout au long de ces 5 semaines pour admirer les collines herbeuses où paissent les fameux et innombrables moutons néo zélandais, les touffes de roseaux, les lacs bleu émeraude, les montagnes…

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Après une nuit passée dans un motel de la banlieue d’Auckland, nous prenons possession de notre camping car qui nous paraît bien vaste après notre exigu campervan d’Australie : 6 couchages, douche, WC…le luxe ! Une fois effectué le ravitaillement, nous nous dirigeons plein nord pour rejoindre la côte est où nous faisons une première étape à Sandspit. En chemin, en dépit d’un ciel nuageux, nous nous émerveillons déjà devant les paysages de collines verdoyantes au milieu desquelles des bras de mer viennent s’insinuer.

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Nous poursuivons notre route jusqu’à la Bay of Islands, haut lieu de l’histoire du pays qui vit les premiers contacts entre maoris et européens et où le traité de Waitangi fut signé en 1840, entérinant la soumission des maoris et la mainmise de l’Angleterre sur la Nouvelle-Zélande. Nous nous arrêtons tout d’abord à Kerikeri où nous nous promenons le long de la rivière du même nom et visitons les plus anciens bâtiments du pays (1822). Nous enchaînons avec le site de la signature du traité de Waitangi d’où la vue sur la Baie des îles est imprenable. Nous assistons également à un spectacle de chants et danses maoris dont le fameux haka (repris par l’équipe nationale de rugby avant chaque match). Nous achevons enfin cette journée intense dans la magnifique Matauri bay où nous passons la nuit.

Nous bifurquons vers l’ouest au niveau de Taronga Bay pour rejoindre Omapere et admirer un panorama inoubliable sous un soleil éclatant : dunes de sable, eaux turquoise, collines et une végétation d’une variété et d’une esthétique uniques. C’est ensuite la forêt de Waipoua qui s’ouvre devant nous, vestige des forêts qui recouvraient jadis toute l’île du nord. L’arbre emblématique en est le Kauri, géant végétal pouvant atteindre 60 mètres de hauteur et 5 mètres de diamètre. Nous déambulons parmi ces colonnes sylvestres et allons respectueusement saluer son plus illustre représentant (Tane Mahuta) qui aurait entre 1200 et 2000 ans !!

Le lendemain, après avoir traversé Dargaville et Ruawai, nous repartons vers la côte est pour atteindre Mangawhai où une superbe randonnée nous est promise (Mangawhai clifftop walkway). Malheureusement nous arrivons un peu tard et la marée montante nous empêche de faire la boucle complète. Nous nous contentons donc de longer la côte jusqu’à ce que nous soyons bloqués puis rebroussons chemin. Malgré l’intervention d’un jeune chien turbulent qui effraie les enfants et griffe Valérie à la cuisse (et l’indifférence totale de la propriétaire), une éclaircie très opportune nous permet de profiter de cette magnifique côte sauvage : les si élégants roseaux néo zélandais recouvrent des pans entiers de falaise, le tronc des arbres a été tordu par le vent au fil du temps, les vagues qui déferlent sans relâche créent un ruban de mousse blanche entrecoupé de bleu qui court tout le long du littoral où alternent plages de sable blanc et rochers…

Après avoir bivouaqué sur une aire gratuite à Whangaparaoa en face de la ville d’Auckland, nous poursuivons vers le sud en direction de la péninsule de Coromandel : la côte se fait plus tortueuse, les falaises plus hautes…et le temps plus maussade. Nous marchons jusqu’à l’incontournable Cathedral Cove, arche naturelle « quasi gothique » ouvrant un passage entre deux plages au travers de la falaise. Bien que les nuages obscurcissent quelque peu le ciel et que le lieu soit assez fréquenté, le charme opère néanmoins. Nous poussons un peu plus loin jusqu’à Hot water beach, une plage où il suffit de creuser son trou dans le sable pour construire son propre spa…Sauf qu’il faut un peu tenir compte de la marée, avoir de quoi creuser et le faire au bon endroit ! Pour ce qui est de la marée, elle commence à monter sérieusement mais ça peut passer, pour ce qui est du spa, on creuse un peu au hasard…avec les mains et on se fait tremper !! Mais c’est sans compter avec la gentillesse des néo-zélandais qui, eux, ont le matériel adéquat et savent manifestement où dénicher l’arrivée d’eau à 60°C ! Ils nous invitent donc à partager leur « vasque d’eau chaude » où nous pataugeons un moment les pieds au chaud avant d’aller « monter le camp » à Waihi Beach. Avant de rejoindre Cambridge, au bord du lac Karapiro, nous décidons d’aller visiter une grotte un peu particulière (Waitomo cave, photos interdites!) car habitée par une colonie de vers luisants qui transforment sa voûte en une véritable voie lactée par une nuit d’été.

Bien que nous ne soyons pas spécialistes de la série de films de Peter Jackson sur les Hobbits, nous saisissons malgré tout l’occasion d’aller visiter le site de tournage qui, outre les décors, permet d’admirer la magnifique campagne alentours : collines vertes, moutons et pins majestueux. Les enfants sont enthousiasmés  et nous nous promettons de regarder les films à notre retour.

L’île du nord se caractérise notamment par son activité volcanique que nous allons observer à Waimangu (Eau noire en maori), dont le paysage a été façonné suite à une éruption en 1886, et à Wai-O-Tapu (Eaux sacrées), où se concentrent geysers, fumerolles, terrasses minérales, mares bouillonnantes de boue ou d’eau multicolore. Arrivés à Rotorua un week end de Pâques, nous ne parvenons pas, malgré de nombreuses tentatives, à trouver de place dans un camping. A bout de patience, nous dénichons finalement, grâce à la très utile application Campermate, un emplacement de parking gratuit sur les bords du lac.

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Nous nous dirigeons alors vers la capitale, Wellington, à la pointe sud de l’île du nord, en passant par les Huka Falls (et ses kayakistes intrépides), le lac Taupo, Turangi et Vinegar Hill. La ville est peu étendue et conserve une atmosphère « provinciale ». Nous la parcourons à pied à partir du port, où nous campons, notamment en empruntant le funiculaire (cable car) jusqu’au jardin botanique, situé au sommet d’une colline. Le port est un endroit de promenade très agréable, les anciens docks ont été aménagés et le musée Te Papa vaut bien une journée de visite tant il propose à voir sur la faune, la flore, la géologie ou la culture maori…(notamment pour les enfants).

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Nous quittons Wellington à bord d’un ferry, emballés par notre balade de deux semaines dans l’île du nord et impatients de découvrir celle du sud que nous abordons à Picton, après une magnifique traversée du détroit de Cook sous le soleil.

Itinéraire (1/2) :

Itinéraire (2/2) :

Home sweet home !

Voilà, la boucle est bouclée ! Un an après, nous voici de retour sur la terre natale à l’issue d’une longue pérégrination inoubliable ! Retour en douceur, comme si nous étions partis la veille…Apparemment rien ne semble avoir changé. Retrouvons-nous notre pays tel que nous l’avons laissé ? A voir…

C’est le 10 août (départ le 11 août 2015 pour mémoire) que nous avons atterri à Orly en provenance de Quito (via Madrid).

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Revenir au coeur de l’été sous le ciel bleu et la chaleur nous a très certainement facilité les choses. Ces premiers jours passés CHEZ NOUS à renouer avec la famille et les amis, réinvestir la maison et remettre en route notre quotidien de sédentaires nous ont servi de sas de décompression. Nos sacs de voyage, shorts et chaussures de marche ont été remisés pour les troquer contre des cartables, sacs de cuir et habits de ville. La cravate et les talons ont repoussé alors que les cheveux ont été coupés…

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Avant…

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Après!

Tout va bien donc, malgré quelques petites bouffées de nostalgie par-ci par là, …sauf que les plus fidèles de nos lecteurs auront constaté que notre retard sur le blog s’est encore creusé pour prendre des proportions déraisonnables ! Nous nous battons la coulpe et nous couvrons la tête de cendre mais, parole de tourdumondistes, nous ne lâcherons pas l’affaire et entendons venir à bout du récit avant…la fin de l’année (objectif ambitieux) !!

Vous aurez donc le loisir de découvrir ici même très prochainement nos aventures en Nouvelle Zélande, en Polynésie, à l’île de Pâques, en Argentine, au Chili, en Bolivie, au Pérou et en Equateur.

A très bientôt et bonne rentrée à tous !